Comparatif des isolants naturels avec des matériaux biosourcés

Quel est le meilleur isolant naturel à partir de matériaux biosourcés ? Vaste question à laquelle il n’est pas simple de répondre. En fonction de la partie de la maison à isoler (toiture, murs, sols), mais aussi du type de conditionnement (plaque, rouleau, vrac), chaque matériau isolant a ses avantages et ses inconvénients.  Dans cet article, nous allons essayer d’y voir plus clair…

Avant de se lancer dans un projet d’isolation, il est indispensable de maîtriser le vocabulaire adapté afin de bien comprendre les vendeurs ou les artisans. Le rappel de quelques définitions s’impose donc !

Les coefficients thermiques liés à l’isolation de la maison

La conductivité thermique ou le coefficient Λ (Lamda)

Un des critères de choix d’un isolant est sa conductivité thermique ou sa capacité à transmettre la chaleur.

Isoler, c’est empêcher la chaleur de passer, dans un sens comme dans l’autre. Donc le critère du pouvoir de transmission de la chaleur d’un matériau dépend de sa conductivité thermique, souvent dénommée coefficient lambda.

Ce chiffre que l’on retrouve sur tous les isolants s’exprime en W/m.K (Watt par mètre par Kelvin, un Kelvin étant égal à une variation d’un degré Celsius).

Concrètement, il correspond au flux de chaleur qui traverse en 1 seconde un matériau d’une surface de 1m² et de 1m d’épaisseur pour un écart de température de 1°C entre les 2 faces.

A retenir : le coefficient de conductivité thermique est petit, plus le matériau est isolant.

La résistance thermique ou R

La résistance thermique est une donnée clé de l’isolation. Elle est utilisée pour qualifier la performance d’une isolation.

La capacité d’isolation d’un matériau peut également être caractérisé par sa résistance thermique (R). Elle correspond à la résistance au froid et au chaud, en fonction de l’épaisseur du matériau, à travers le rapport de l’épaisseur en mètres sur la conductivité thermique du matériau (λ). Elle s’exprime en m².K/W (mètre carré par Kelvin par Watt).

A retenir :

  • plus la résistance thermique est élevée, plus le produit est isolant.
  • concrètement, la résistance thermique est à manier avec précaution pour comparer des matériaux entre eux, car elle est indexée sur leurs épaisseurs. Ainsi, deux matériaux pourront avoir un R identique, mais l’un avec 5 cm d’épaisseur et l’autre avec 20.

La transmission surfacique ou le coefficient U

Le coefficient de transmission surfacique (U) est l’inverse de la résistance thermique. Il mesure la tolérance d’une paroi au passage de la chaleur et s’exprime en W/m².K.

A retenir : plus il est faible, plus la paroi est isolante.

Le déphasage thermique

Le déphasage thermique est une notion importante. Il représente le temps que met la chaleur pour traverser une épaisseur donnée de matériau. Le déphasage thermique est dépendant de la masse volumique et de la capacité thermique massique du matériau.

Il doit être pris en compte dans le choix de l’isolant car il représente le temps de décalage la restitution de la chaleur accumulée durant la journée et qui est ensuite restituée après la durée du déphasage thermique, dans l’idéal, au milieu de la nuit.

Les matériaux biosourcés pour une isolation naturelle

La fibre de bois

Le bois est un matériau aux multiples usages dans la construction écologique. L’un d’entre eux est sa déclinaison en laine (ou fibre) de bois pour bénéficier de son fort pouvoir isolant. Celle-ci présente un déphasage thermique important très utile pour se protéger des fortes chaleurs de l’été, notamment dans le Sud de la France.

Qu’il s’agisse d’isolation des toitures ou des murs par l’extérieur ou d’isolation à l’intérieur des murs, cloisons et planchers, la fibre de bois est souvent un bon choix, tant pour ses excellents pouvoirs d’isolant thermique et phonique, que pour sa capacité à réguler l’hygrométrie de l’habitation. Elle offre, en outre, une très bonne résistance dans le temps.

  • Conductivité (W/m.K) : 0,037-0,049
  • Conditionnement : Panneaux rigides – Panneaux semi-rigides – Vrac
  • Usage : Toitures – Dalles et planchers – Murs – Cloisons
  • Isolation phonique : Excellente
  • Prix indicatif : De 11 à 18 €/m² pour 100 mm d’épaisseur

La ouate de cellulose

La ouate de cellulose est obtenue à partir du recyclage du papier (journaux, déchets d’imprimerie), et subit un traitement pour la rendre résistante au feu, aux insectes et aux rongeurs.

La ouate de cellulose présente d’excellente qualité d’isolation thermique et phonique et s’avère également un excellent régulateur d’humidité.

Compte tenu des poussières qu’elle dégage, il est impératif de se protéger efficacement lors de la pose (masque, lunettes, gants, etc.).

  • Conductivité (W/m.K) : 0,038-0,043
  • Conditionnement : Panneaux – Granulés
  • Usage : Combles perdus – Planchers – Cloisons – Faux plafonds – Ossatures bois
  • Isolation phonique : Excellente
  • Prix indicatif : de 15 à 20 €/m² pour 100 mm

La paille

Disponible en grande quantité et à un prix très concurrentiel, la paille se révèle un isolant de bonne facture. Elle présente l’avantage de réguler la chaleur et l’humidité un matériau thermorégulateur et hygrorégulateur.

De plus en plus utilisée pour garnir les murs en ossature bois, notamment en auto-construction. Compte tenu de sa sensibilité à l’humidité (surtout en provenance du sol), au feu et aux rongeurs (friands de ce matériau), elle doit être protégée convenablement.

Disponible en bottes, ou reconditionnée en blocs, elle offre une bonne durabilité.

  • Conductivité (W/m.K) : 0,050-0,075
  • Conditionnement : Vrac – Bottes – Blocs de construction
  • Usage : Murs – Ossatures bois – Enduits isolants – Planchers
  • Isolation phonique : Bonne
  • Prix indicatif : 40 €/m3 pour les blocs de construction, 1 ou 2 € en bottes.

Le liège

Entièrement naturel, le liège provient du chêne liège que l’on trouve en grande quantité autour de la Méditerranée. Il rassemble de nombreuses qualités qui en font un très bon isolant thermique : résistance à l’humidité, aux tassements, aux rongeurs et insectes au feu, à la pourriture.

Le liège offre un déphasage thermique appréciable pour le climat du Sud de la France. Disponible sous différents conditionnements (panneaux ou aggloméré), il s’adapte aux différents besoins de la maison.

  • Conductivité (W/m.K) : Panneaux : 0,032 – 0,042 – Aggloméré : 0,040 et 0,049
  • Conditionnement : Plaques – Vrac -Liège aggloméré disponible en : Plaques – Rouleaux
  • Usage : Combles non habitables – Toiture – Sols – Murs – Fondations
  • Isolation phonique : Bonne
  • Prix indicatif : à partir de 10€/m², et jusqu’à environ 30 €/m², selon l’épaisseur et la densité.

La laine de coton

La laine de coton en isolant est souvent composée de coton naturel et de cotons recyclés, issus de déchets de coupes et de vêtements. Avec une bonne réaction à la vapeur d’eau, la laine de coton est un bon hygrorégulateur.

Utilisée en vrac dans les combles, elle dégage de la poussière en grande quantité et nécessite donc une protection en conséquence (lunettes et masque).

Avant utilisation, la laine de coton est traitée contre les insectes et les champignons ainsi qu’au sel de bore pour lui permettre de résister au feu.

  • Conductivité (W/m.K) : 0,037-0,042
  • Conditionnement : Rouleaux – Plaques – Feutre – Vrac
  • Usage : Sols – Toiture – Combles – Murs
  • Isolation phonique : Bonne
  • Prix indicatif : 15 €/m² en 100 mm d’épaisseur.

La laine de mouton

Issue de la tonte des moutons, la laine est traitée, notamment au sel de bore pour lui conférer une protection contre le feu, les insectes et les moisissures. Elle doit également être traitée contre les mites qui en raffolent.

La laine de mouton est légère et possède une faible inertie, elle donc peu efficace pour lutter contre la chaleur intérieure durant l’été. Elle est aussi déconseillée dans les endroits humides pour sa tendance à retenir l’eau. Elle est donc surtout appropriée pour l’isolation des toitures ou des combles perdus.

  • Conductivité (W/m.K) : 0,035-0,042
  • Conditionnement : Vrac – Feutre – Rouleaux
  • Usage : Toiture – Combles
  • Isolation phonique : Bonne
  • Prix indicatif : 12 €/m² en 100 mm d’épaisseur

La laine et la paille de chanvre

La laine et la paille de chanvre sont issues de plantes dont la culture est exempte de pesticides, herbicides ou engrais chimique. Elles présentent de nombreuses qualités naturelles puisqu’elles sont imputrescibles, antifongiques, antibactérien et qu’elles ne craignent pas les insectes ni les rongeurs. Elles possèdent également une perméabilité à la vapeur d’eau qui permet la régulation de l’humidité dans la maison en favorisant la respiration des murs ou plafonds. Pour la laine, des liants synthétiques ou mieux du coton naturel lui assure une meilleure tenue dans le temps.

  • Conductivité (W/m.K) : 0,040-0,046
  • Conditionnement : Panneaux – Rouleaux – Vrac – Matelas
  • Usage : Murs – Cloisons – Combles – Toiture
  • Isolation phonique : Bonne
  • Prix indicatif : 15 €/m² pour une épaisseur de 100 mm

La fibre de lin

Illustration parfaite de la gestion des rebuts d’une filière, la fibre (ou laine) de lin utilisée pour isoler provient des fibres trop courtes pour être tissées qui sont rejetées par le secteur textile. Rien ne se perd… Et c’est une bonne nouvelle pour les particuliers car la fibre de lin possède de nombreux atouts.

De bonne consistance, elle offre une bonne durabilité et une fois imprégnée de sel de bore elle résiste aux moisissures, aux insectes et au feu. Elle est également un très bon régulateur hygrométrique.

  • Conductivité (W/m.K) : 0,037-0,040
  • Conditionnement : Panneaux – Rouleaux – Vrac – Feutre
  • Usage : Murs – Toiture – Planchers – Combles
  • Isolation phonique : Bonne
  • Prix indicatif : 15 €/m² pour 100 mm d’épaisseur

La fibre de coco

La fibre de coco est obtenue à partir des fibres présentes sur la coque des noix de coco. Elles sont essentiellement composées de cellulose, dont on connaît bien les pouvoirs isolants. Naturellement imputrescible, cet isolant offre une bonne durabilité et une grande résistance à l’humidité.

Pour ne rien gâcher, la fibre de coco se révèle également un excellent isolant phonique, tant sur les bruits d’impacts qu’aériens. C’est donc un matériau à prendre en compte pour les projets requérant une double isolation, phonique thermique.

  • Conductivité (W/m.K) : 0,037-0,045
  • Conditionnement : Panneaux – Rouleaux – Vrac – Feutre
  • Usage : Sol – Cloisons – Toiture
  • Isolation phonique : Excellente
  • Prix indicatif : 20 à 30 €/m²

Les plumes de canard

Les matériaux d’isolation en plumes de canard sont un mélange de plumes de canard (pour environ 70%), de laine de mouton et de fibres synthétiques afin de lui conférer une meilleure tenue et accroitre sa densité.

Utilisée depuis longtemps pour faire des duvets ou des doudounes, la plume de canard est un isolant naturel sensible au feu et la vapeur d’eau. Sa pose nécessite donc de respecter quelques consignes : éviter les lieux exposés aux fortes chaleurs et les pièces trop humides.

La pose verticale doit être parfaitement réalisée sous peine d’assister à un tassement dans le temps.

  • Conductivité (W/m.K) : 0,033-0,042
  • Conditionnement : Panneaux – Granulés
  • Usage : Combles perdus – Planchers – Cloisons – Faux plafonds – Ossatures bois
  • Isolation phonique : Bonne
  • Prix indicatif : 15 et 20 €/m² pour 100 mm d’épaisseur

La perlite

La perlite est une roche volcanique siliceuse à laquelle on fait subir un concassage puis un chauffage à 1200°C. Le résultat Les grains obtenus possèdent un fort pouvoir isolant. La perlite est hydrophile, il est donc impératif d’associer un hydrofuge au matériau brut.

La perlite offre une grande stabilité dans le temps et résiste aux bactéries, rongeurs et champignons.

  • Conductivité (W/m.K) : 0,050-0,060
  • Conditionnement : Panneaux – Granules
  • Usage : Plafonds – Toiture – Combles
  • Isolation phonique : Bonne
  • Prix indicatif : 150 €/m3

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