Les insectes, alliés précieux du jardin

Les insectes, alliés précieux du jardin

Abeille solitaire, coccinelle, chrysope, perce-oreille, de nombreux insectes rendent de fiers services aux jardiniers. Petit guide pour bien les connaître et en faire vos meilleurs amis.

Si vous avez décidé de vous lancer dans le jardin naturel, vous avez compris que l’un des premiers commandements à suivre est de laisser la nature reprendre ses droits et travailler à votre place en quelque sorte. Certains insectes font très bien le job. On les appelle les « auxiliaires ». Ils assurent la pollinisation, régulent les insectes « nuisibles », recyclent les déchets… C’est pourquoi il est important de réunir les meilleures conditions pour les attirer. Et les garder ! Comment ? En leur offrant le gîte et le couvert.

Abeille solitaire

L’abeille charpentière

Il existe des centaines d’espèces d’abeilles solitaires.
La plupart passent inaperçues, contrairement à l’abeille charpentière ou xylocope, une grosse abeille toute noire vrombissante.
Elle pollinise les fleurs délaissées pas les abeilles domestiques et butine dès le mois de mars, les premières fleurs des arbres fruitiers en particulier, et favorisent ainsi les futures récoltes.
L’abeille charpentière se reproduit en fin de printemps. Elle creuse l’entrée de son nid dans un bois tendre, aménage plusieurs galeries parallèles, divisées en loges grâce à des cloisons de sciure amalgamée. Chaque cellule contiendra un œuf et un agglomérat de pollen pour nourrir la larve, jusqu’à ce qu’elle soit prête à sortir du nid.

Carabe

Le carabe, un boucher…

Grand chasseur, ce coléoptère préfère sortir la nuit. Il consomme des vers, des escargots, des limaces, de nombreux autres insectes. Et limite ainsi leur prolifération.
Son gîte : quelques grosses pierres plates, une vieille souche moussue, un tas de rondins parmi les herbes folles en bordure du potager.
Ses œufs sont déposés dans le sol, et souvent détruits par les coups de bêche… Attention donc.
En laissant sur place des déchets de végétaux, il peut s’installer durablement.
Soignons-les bien, ils sont menacés de disparition.

Cétoine

Cétoine vert métallisé et roi du compost

Ce beau coléoptère appellé également « hanneton des roses » ne fait pas de dégâts, bien au contraire. Il s’active dans les grandes fleurs, les roses en particulier, appréciant étamines et pétales des lilas… Il participe activement à la pollinisation.
Ses larves, de gros vers blancs dévorent les végétaux en décompositions et sont d’une grande utilité dans la fabrication du compost.
Contrairement aux larves de hannetons, avec qui on les confond souvent, qui, elles, dévorent sans complexe les racines des plantes.
Apprenons à les reconnaître : cétoine = petite tête et gros cul / hanneton = grosse tête et petit cul…
Regardez cette vidéo pour voir les cétoines à l’œuvre .

Chrysope

Chrysope terreur des pucerons

Très élégant ce petit insecte mince, avec ses grandes ailes transparentes et de longues antennes fines.
On l’appelle également la demoiselle aux yeux d’or.
Qu’il soit vert, jaune ou rose, ils adore les pucerons. Les larves en avaleraient entre 200 à 500 pucerons pour assurer leur développement.
La chrysope se nourrit également de de thrips, de jeunes chenilles, d’acariens, et larves de cochenilles. 
Elle passe l’hiver en trouvant refuge dans les garages, greniers, ou cabanes de jardin. 

Coccinelle

La coccinelle, ennemie jurée des pucerons

La star de la lutte biologique. Tout le monde l’adore avec ses belles formes rondes, ses couleurs vives et ses points que l’on apprend à compter dès l’enfance …

Elle est appréciée des jardiniers pour son immense talent à dévorer les pucerons. En quantité astronomique. Et de manière bien plus efficace que les insecticides chimiques. Une coccinelle adulte peut gober jusqu’à 100 pucerons par jour et sa larve jusqu’à 150 !

Elles adorent les capucines et les fleurs de fèves, la centaurée, pâquerettes, ficaires, etc. Elles se nourrissent de leur nectar en attendant le plat de résistance : les pucerons.

On peut acheter couramment les larves de coccinelles en jardinerie et effectuer des lâchers au jardin. 
Mais attention aux coccinelles asiatiques, harmonia axyridis. Introduites dans les années 90, elles menacent désormais les espèces autochtones dont elles dévorent d’ailleurs les larves. Elles sont plus grandes et comportent plus de points.

Pour aider les précieuses coccinelles à passer un hiver confortable, sachez qu’elles hibernent sous des tas de feuilles mortes, les haies persistantes, les fentes de bois. Et dans les abris que vous aurez spécialement installés pour elles.

Guêpe sociale

Mal aimée, pauvre guêpe

On la craint dans nos jardins, à cause de son venin douloureux. Elle peut empoisonner nos déjeuners d’été en s’attaquant à nos grillades et melon juteux. Et c’est justement parce qu’elle est si vorace, que la guêpe est si utile. Elle consomme mouches et chenilles en quantité pour nourrir ses larves. Son régime se compose également de nectar de fleurs et de jus de fruits mûrs.
Elle installe sont nid dans les cavités et autres anfractuosités à disposition dans les jardins, toits et abris divers.
Les guêpes sociales que l’on trouve communément dans nos contrées sont agressives si l’on approche trop près de leurs nids. Il suffit donc de le savoir et d’éviter la confrontation…
Évitons-donc de les traquer à tout prix, de les noyer dans de la bière ou du sirop, elles ont une place de choix dans l’écosystème de nos jardins et un rôle également dans la pollinisation de certaines espèces végétales comme le fenouil et de nombreuses ombellifères.

Papillon

Le papillon, un pollinisateur infatigable

En plus d’être beaux, les papillons jouent un rôle considérable dans la pollinisation en virevoltant d’une plante à l’autre. 
Ils se nourrissent du nectar des fleurs et déposent au passage le pollen qui permet de féconder les fleurs voisines et d’assurer une récolte abondante de fruits et légumes dans votre jardin…

Pour les attirer : des fleurs et des fleurs. Si vous laissez une partie « sauvage » dans votre jardin, ils seront encore plus nombreux à butiner les fleurs des champs dont ils raffolent. Parmi les valeurs sûres, on trouve la lavande, les dalhias et les prairies fleuries que vous pouvez semer sur un terrain « nu ».

Perce-oreille

Le perce-oreille, l’opportuniste de service

Longtemps considéré comme un ravageur, et donc ennemi, le perce-oreille a vu sa réputation s’améliorer ces dernières années au point d’être considéré comme un auxiliaire pour certains jardiniers.

S’il peut causer des dégâts minimes aux jeunes plantules, cet insecte nocturne, également appelé pince-oreille, ou forficule, est un opportuniste qui mange ce qu’il trouve tout simplement. Il se nourrit de fruits ainsi que de nombreux insectes parasites : pucerons, psylles, thrips et acariens. 

Aux premiers froids, le forficule s’enfouit dans le sol pour hiberner (et meurt bien souvent…). La femelle creuse un petit terrier et pond ses œufs. C’est une mère remarquable qui s’occupe sans relâche de sa progéniture jusqu’à leur sortie en juillet.

Syrphe

Syrphe, la mouche déguisée en guêpe

Avec la coccinelle et le chrysope, le syrphe vient compléter votre défense anti-pucerons !
Il a l’allure d’une guêpe à première vue, mais c’est un leurre pour éloigner d’éventuels prédateurs. Le joli syrphe est une mouche qui ne pique pas, un super pollinisateur et destructeur de pucerons.  La femelle dépose ses œufs au milieu des colonies de pucerons. Résultat : les larves goulues dévorent des centaines de pucerons.
Une fois adultes, les syrphes se nourrissent  de  miellat et de nectar, ce sont donc des pollinisateurs importants. Pour les attirer, n’hésitez pas à fleurir votre potager : œillet d’Inde, phacélie mais aussi pâquerettes, bourrache et  les fleurs d’ombellifères (carottes, cerfeuil, persil).

Marie Fringand

Marie Fringand

Passionnée par l’écohabitat et toujours curieuse des nouvelles tendances, au service du développement durable.


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