
Repenser l’habitat est devenu une priorité. Le chantier est d’envergure, certes, mais le mouvement semble bien amorcé, en construction neuve comme en rénovation. Les solutions existent pour construire et habiter plus intelligemment, dans le respect de la santé et de l’environnement. L’« éco-habitat » répond à quelques grands principes : il est le moins énergivore possible, profite au mieux des énergies naturelles et renouvelables, s’intègre dans son environnement et consomme peu d’eau. Les matériaux qui le composent sont performants, non toxiques et recyclables ! Quant à ses occupants, ils auront bien sûr appris à modifier leur comportement, pour économiser l’énergie, les ressources naturelles et préserver la planète.
Une maison intelligemment conçue tient compte du climat, des contraintes du terrain et de la végétation environnante. Ce sont les principes essentiels de l’architecture bioclimatique. Elle profite aussi de la ventilation naturelle et limite ainsi ses besoins énergétiques. Des règles de bons sens, bien connues des anciens et pourtant négligées (cf. « Bon à savoir »).
La performance énergétique d’une maison dépend avant tout des matériaux mis en œuvre à sa construction. Aujourd’hui, les éco-matériaux se généralisent. Qu’il s’agisse de matériaux traditionnels remis au goût du jour (pierre, terre crue, pisé, torchis, paille, etc.), ou de produits innovants, ils offrent une bonne inertie thermique et sont durables. Parmi les matériaux les plus utilisés en éco-construction, on peut citer les produits à base de terre cuite comme les briques monomur, alvéolées, qui assurent une isolation thermique et phonique, le béton cellulaire (Thermopierre) très résistant et isolant. Le chanvre connaît un beau succès, en particulier le béton de chanvre, utilisé comme isolant dans les sols et les toitures, pour le remplissage et l’isolation des murs. Les éco-matériaux laissent « respirer » les murs. Ils permettent des échanges entre l’extérieur et l’intérieur, ce qui permet de réguler naturellement l’humidité ambiante. Naturels et recyclables, ils rendent les maisons plus saines et agréables à vivre.
C’est le matériau de construction écologique par excellence, à condition qu’il soit certifié, d’essences locales et n’ai pas subi de traitement polluant ! Renouvelable et recyclable, il participe à la lutte contre l’effet de serre en captant le CO2. Solide, souple et léger, on le met facilement en œuvre sur tout type de terrain. Une maison en bois est près de cinq fois plus légère qu’une maison maçonnée (ce qui du coup, allège le coût !). Le bois offre également une bonne performance thermique, et parce qu’il « respire », il participe à une atmosphère saine dans le logement en évitant la condensation. C’est aussi un matériau durable qui résiste au temps, aux mouvements de terrain et séismes, ainsi qu’au feu, contrairement à une idée reçue. Le bois se prête à toutes les formes. Il inspire de plus en plus les architectes, concepteurs et constructeurs qui peuvent laisser libre cours à leur créativité : ils le marient à la pierre, à l’acier, au verre... Pour agrandir sa maison, rapidement et sans se ruiner, l’extension bois est une solution intéressante qui peut se plier à beaucoup d’exigences. Le surcoût d’une construction bois, comparé à une construction conventionnelle, est de 5% à 10 %.
Eco-rénovation durable et responsable
Sur les 31 millions de logements que compte le parc immobilier français, 19 millions ont été construits avant 1975. Il n’existait alors aucune réglementation thermique fixant des impératifs d’isolation ou de performance énergétique. La rénovation des logements existants est l’un des grands chantiers des prochaines années. Il n’existe pas de solution toute faite. Selon l’objectif que l’on poursuit, on recherchera l’efficacité énergétique, en isolant efficacement sa maison, en tirant parti de la chaleur du soleil et en utilisant des appareils de chauffage performants. On peut aussi privilégier une rénovation saine, en choisissant des éco-matériaux respectueux de l’environnement et de la santé ; et non polluante, avec des matériaux locaux et nécessitant le moins d’énergie pour leur fabrication. L’idéal est de combiner ces approches pour mener une véritable rénovation écologique. Il est souvent plus rentable de réaliser une rénovation globale que de faire des petits travaux épisodiquement. Les coûts de main-d’œuvre seront moindres et les économies d’énergie plus rapides. Pour les rénovations d’envergure, il est d’ailleurs recommandé d’avoir une démarche bioclimatique. Avant de lancer votre projet de rénovation, faites établir un bilan énergétique de votre logement. Il sera plus facile de faire le bon choix parmi les techniques existantes (isolation, système de chauffage, énergies renouvelables) et les matériaux.
Maison bioclimatique, l’exemple à suivre
La conception d’un habitat éco-responsable commence par une approche bioclimatique, qui consiste à puiser dans son environnement naturel et proche les ressources nécessaires au confort de ses habitants. La maison bioclimatique sait profiter des aspects positifs du climat et se défendre de ses aspects négatifs : se protéger des chaleurs l’été et profiter au mieux du soleil l’hiver. L’idéal est d’orienter sa maison plein sud. Cela conditionne le type d’habitat et sa volumétrie. Au sud, on trouve les pièces d’agrément qui bénéficient de la lumière et de la chaleur ; au nord, les pièces de service (dépendances, cellier etc.) et les dégagements. Pour l’été, il faut prévoir une bonne « casquette » : pergola ou avancée de toiture, qui sont des protections solaires naturelles indispensables.

